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Kingdom Hearts 2 | ANALYSE DES 5 PREMIERES MINUTES
ANALYSE DES 5 PREMIERS MINUTES DE KINGDOM HEARTS II
Petit Message d’Avertissement de l’Auteur :
Ô toi ! Preux Aventurier qui ose s’enfoncer dans cette sombre analyse ! Prends garde de cet avertissement ! La note suivante contient de nombreux spoils sur Kingdom Hearts II. Si tu n’as pas eu l’occasion d’y jouer, je te conseillerais de passer ton chemin et d’y revenir une fois ta longue quête achevée du monde de Kingdom Hearts II !
Je vais donc vous analyser les 5 premières minutes de l’ouverture de Kingdom Hearts II, réalisé par Tetsuya Nomura (scénariste sur Final Fantasy VII, et character designer de Kingdom Hearts) sur la musique My Sanctuary de Utada Hikaru (Chateuse J-Pop très connu sur l’archipel Japonais, ayant déjà interprété Simple and Clean pour le précédent opus)
Le FMV (Full Movie View connu sous le nom de cinématique) commence par un son : celui des remous d’eau. Le titre KINGDOM HEARTS II apparaît en lettres dorées sur l'eau, qui laisse à penser à de la mer. Le simple fait d’écrire le titre en jaune doré nous rappelle les dorures que l’on retrouve sur les manuscrits du Moyen Age et autres livres reliés actuels donnant déjà un côté épique à l’histoire, et un semblant de picaresque. Evidemment, l'eau symbolise déjà une dualité avec l'idée du reflet, et de la « réflexion » du bleu de l'eau au bleu du ciel. Il faut y voir là un lien qui se tisse directement entre Sora et Kairi. On en déduit déjà que la Lumière a déjà un rôle prépondérant dans l’Histoire. La caméra s’enfonce alors dans le titre KINGDOM HEARTS, écrit en lettre capitale, et tout particulièrement entre les deux mots « Kingdom » et « Hearts ». On a déjà donc, ce que j’appelle un chiffre-clé : le chiffre 2 comme II du titre, et la dualité déjà sous entendu avec le reflet de l’eau.
A cela, se succède un nouveau son, toujours le bruit d’un élément naturel : le Vent. On voit une image fixe représentant Sora, à la croisée des chemins. C’est un Sora, pensif et songeur, puisqu’il regarde un ciel étoilé. Apparaissent alors les mots suivants: “A scattered dream that's like a far-off memories. A far-off memories, that's like a scattered dream. »
Au jour, se succède la nuit, ce qui signifie que cet opus sera un peu plus sombre donc plus mature par rapport au premier Kingdom Hearts. La Lumière n’est plus celle du soleil, mais celle de notre bon vieux satellite naturel : la Lune. Cette lumière confère un aspect divin, et désigne directement le héros de cette histoire par son aura blanche, qui comme par hasard, s’avère être Sora. Ce regard vers les étoiles devrait vous rappeler quelques bons vieux souvenirs (surtout pour les personnes analystes de jeu vidéo comme moi). Cette consultation du ciel sous entend, "Je dois comprendre le Ciel avant de comprendre la Terre où je suis" donc de la décision qui me reste à entreprendre pour choisir le bon chemin pour ne pas me perdre parmi les autres. Le texte est construit de manière tautologique, ce qui en induit le concept dans l’histoire, d’où une dualité encore omniprésente tout au long de l’oeuvre. On peut citer l’exemple tout frais de Sora, puisque Sora veut dire en Japonais « Celui qui vient du Ciel ». On peut donc aussi y entrevoir l’image de se connaître soi-même pour comprendre le Reste.

Le texte « yours and mine » formant le symbole de l’infini…
L’image fixe disparaît pour laisser une brume trompeuse et mouvante, tandis que le texte continue avec “I want to line the pieces up. Yours and mine. » Vous remarquerez l’apparition du texte « yours and mine » qui a la forme du symbole de l’infini (8 à l’horizontal).
Or comme le texte le démontre, on insiste sur ce lien existant entre ces idées qui semblent pourtant contradictoires mais aussi complémentaires. C’est encore idée de la dualité cette fois-ci, opposée par le tien et le mien. Evidement, pour comprendre l'(e)autre, il faut d’abord se comprendre soi-même, et c’est grâce à l’autre que nous nous connaissons. Nous en arrivons à une conclusion qu’un personnage principal de notre histoire résumera parfaitement par : « Personne ne me connaît mieux que Moi ».
Fondu au noir. [Parenthèse] Vous voyez ? On a peine analyser deux plans et j’ai déjà écrit une page dessus ! Comme quoi ! Le rythme est déjà là ! x3[/Parenthèse]
Apparition en fondu en plan Large avec un panoramique vers le haut sur la plage de l’île du Destin où Kairi est assise, face au soleil couchant, en plein centre de l’image. Des voix feront des vocalismes pendant tous ces plans. Disparition dans un fondu au noir pour réapparaître cette fois-ci dans un raccord dans l’axe de la jeune princesse de cœur toujours de dos, avec un léger travelling allant de droite à gauche.

Deux plans dévoilant la même chose…La Dualité est toujours là !
Deux plans qui, comme les images le prouvent sont composés magistralement sur le tiers, séparant le Ciel, de la Mer, et du Sable. On y voit le lien avec nos trois personnages Sora (Ciel), Kairi (Mer) et Riku (Terre). Deux plans qui observent une personne sans qu’elle ne le sache, c’est donc le concept du voyeurisme : voir sans être vu. Ces deux petits plans représentent implicitement Riku et Sora, nos deux personnages males de l’histoire qui sont en confrontation avec Kairi pour savoir de qui des deux aura son cœur ? La différence de taille de plan nous montre l’affinité entre nos personnages, mais aussi, une association d’idée par le panoramique qu’il laisse suggérer que Kairi est un rayon de soleil pour nos deux héros. L’idée de réflexion se retrouve sur le sable, que l’on voit en amorce sur le premier tiers du bas, notamment à la forme et l’aspect qu’il en donne, puisque cela rappelle étrangement des remous de l’eau que le premier plan nous rappelait. Cela évoque aussi l’idée du voyage que se représentaient nos trois personnages au début de Kingdom Hearts où ils voulaient partir tous ensemble sur un radeau et quitter leur île pour voir ce qu’il y avait au-delà de la mer. On retiendra donc un autre chiffre clé : le Chiffre 3, celui de la Trinité, que je vais aborder plus tard, de manière plus intensif !
Plan Cut sur le profil gauche de Kairi, qui regarde ce porte bonheur qu’elle a offert à Sora. Porte Bonheur à l’importance capitale dans Kingdom Hearts Chain of Memories. Sa forme étoilée sert à se souvenir cette promesse, celle du Paopou qui en a la forme identique et celle dans Chain of Memories avec l’histoire des étoiles filantes. Cela n’est autre qu’une préparation au plan qui suit, où un Gros plan, parlant et symbolique, nous montre une vague de la mer s’emparant du coquillage. Ce coquillage qui constitue par métaphore le souvenir, et le concept de la Trace, est emporté par une vague, qui en Japonais se dit « Naminé ». Cette vague nous ôte ce souvenir, et nous montre en un plan ce qui se passe dans Chain of Memories. Au même moment, les vocalismes disparaissent du champ sonore, pour laisser place à la phrase la plus controversé, qui est inintelligible dans ce sens mais audible dans le sens inverse (I need more affection than you know), comme si quelqu’un cherchait à pousser un cri pour demander du secours, mais un cri en vain. Nous retrouvons une fois de plus cette idée de dualité, dans les deux sens propres du termes, puisque la Mer peut nous prendre des objets comme ce coquillage ou des personnes, tout comme en déposer, tout comme cette lettre de Kairi qui arrivera après un périlleux voyage à son destinataire, tout comme celle de Mickey, et tout comme ce passage qui peut s’écouter dans le deux sens.
Un fondu enchaîné nous montre nos trois compères vers l’arbre du Paopou, contemplant le soleil couchant avec un travelling gauche droite. Le lien étant avec le souvenir, cette scène est donc fausse et illusoire puisque au cours des plans suivants nos personnages disparaissent de l’image. Après tout, c’est un peu « Le Paradis Perdu ». On remarquera que Kairi est assise sur l’arbre tout comme Sora, tandis que Riku sera seulement adossé à celui-ci. Au moment où disparaîtront nos personnages, les vocalismes disparaîtront eux aussi, à nouveau. Sora, en bon cœur vaillant, ne se laissera pas influencer par ces illusions. Parlons de notre chère Trinité.
[MODE FUSION] La Trinité est souvent présente dans les Histoires en général que les Contes de fées. Ici, il est utilisé, comme la plupart du temps, pour le conflit amoureux : 2 garçons pour une fille, mais aussi, et c’est là que ça se complexifie, du point de vue de l’Histoire puisque je confirme que nos amis les Japonais connaissent bien Sigmund Freud. (cf. voir l’histoire des 7 premiers jours pour ça, puisque le Rêve y est traité de manière subtile)
Si on s’intéresse à la symbolique des personnages, on les résumerait à :
Sora=> le Moi, puisque comme dans tout bon Conte de fée, celui qui obtient le Royaume (« Kingdom »), c’est celui à qui nous nous identifions le plus rapidement.
Kairi => le Ca, puisqu’elle est l’objet de désir, mais aussi la chose promis avec le Royaume comme elle y est une Princesse, il y faut donc son Prince.
et Riku => le Sur-Moi, le « Rival », celui qui va chercher à imposer une autorité, non pas pour autant paternel, mais bel et bien avec l’idée supérieur.
Et voilà, ces trois principes Le Moi, le Ca et le Sur-moi forment à eux seuls la théorie qui a bouleversé l’Homme : la Théorie de l’Inconscient de Freud…[/MODE FUSION]
Poursuivons, voulez-vous ? Comme le souvenir est trompeur, l’Ouverture de Kingdom Hearts va consister essentiellement à nous échapper de ces souvenirs illusoires, et permettre de faire un récapitulatif des précédents opus, pratique pour les nouveaux venus dans la saga. Sora saute de cette image qui se surexpose, et donc « brûle » pour se retrouver dans le monde de la Forteresse Oubliée. Les mouvements caméras sont plus vifs et mouvementés puisque nous entrons dans l’action, frôlant même le faux raccord. Tandis que Sora effectue cette longue et pénible ascension, on s’aperçoit que dans le contrechamp, on remarquera de manière évidente qu’au premier plan se trouve Sora avec Donald et Dingo, ses amis pour ce voyage mais aussi en arrière plan, bloquant la profondeur de champ un rideau d’eau ? Cela répond complètement à l’idée pour laquelle Sora est passé de « l’Autre côté du miroir ».

Nous somme bel et bien de l’autre côté du miroir…
En haut des marches, il découvre Kairi, inconsciente au sol, présenté de la même manière que nous l’avons découverte seule, sur sa plage abandonnée. C’était l’objectif premier dans Kingdom Hearts I de retrouver les amis de Sora. Et comme le suggère le travelling circulaire droite gauche, on découvrira par la même occasion Riku, de dos contemplant une porte en forme de Sans Cœur. On entend aussi sur la chanson de Utada Hikaru « My Sanctuary ! My Sanctuary ! » et montre l’enjeu important de ce lieu dans le tout premier KH.

Attirer l’attention de notre œil, c’est aussi attirer l’attention sur le miroir de notre âme…
Le Gros Plan suivant montre Sora, et insiste tout particulièrement sur son œil d’un bleu électrique, donc son regard, et nous montre dans les deux plans qui suivent Riku pivotant sur lui-même raccordé dans l’axe, mouvement impossible pour Sora qu’il se tient à côté de Kairi. De plus, les illusions reviennent puisqu’elles sont sensés nous remémorés l’ouverture du premier opus empruntant de nombreux faits et gestes.

Riku est aussi ce coquillage qui a été emporté par la mer…
La musique accentue sur ce caractère illusoire avec les paroles suivantes « Where fears and lies, melt away ». C’est un peu ici la définition de la Lumière et des Tenèbres : Sora et Kairi sont dans la Lumière tandis que Riku a succombé aux malheureux desseins de Maléfique. S’enchaîne derechef, le combat d’Ansem contre Sora, clouant KH I, et après que les paroles de la chanson disent « Music will tie » le salto arrière de Riku va le transformer en Ansem exactement au moment où on perçoit la phrase inaudible.
Nous en concluons donc, que le mouvement est trompeur lui aussi, tout n’est qu’affaire de mensonge dirons nous. Ca devrait vous rappeler quelque chose il me semble.
Cette transformation condamne Riku en quelque sorte aux Ténèbres.
Cependant, Sora a la Clé tout comme le Courage est la Clé, et le combat n’est que victorieux envers Ansem d’où cet ingénieux raccord de l’attaque verticale de Sora se métamorphosant en le rayon lumineux anéantissant Ansem lors de l’ouverture de la porte du DTD.
On retrouve alors deux plans qui sortent directement de Kingdom Hearts I avec la fin de Ansem et Riku qui est contraint de rester derrière la fameuse porte blanche. Le clou du spectacle étant la libération du « cœur » de Kairi démontrant ainsi notre hypothèse avec brio sur le connais-toi toi-même pour comprendre les autres dont l’Amour en est le premier facteur.
Gros plan sur le Visage de Kairi, vivante, avec les paroles « I watch you » fondu enchainé sur le profil gauche regardant l’horizon, accompagnés des paroles « fast asleep » suivi d’un troisième plan décadré, rendant cette vision paradisiaque complètement bancale.

Le Plan débullé : toujours utilisé pour montrer un décalage avec la vie réelle…
On montre par ces trois petits plans l’absence de nos deux garçons sur l’île du Destin, et que Kairi va devoir attendre leur long retour, comme le suggère ces trois palmier enracinés sur la bordure gauche du cadre. Cette absence est montrée aussi par la lumière qui est assez terne, sans saturation de la couleur même, avec la présence physique de Kairi dans les trois plans, comme si elle devait à elle seule combler ce vide. Elle possède donc la faculté d’être omnisciente, ce qui sera un peu son sixième sens féminin et le verra tout juste un peu plus tard, vous comprendrez pourquoi.
Panoramique Gauche Droite, faisant succéder au jour et à la nuit, montrant l’habitude qui va venir en place dans le quotidien de Kairi. « All I fear, means nothing » montre le côté assez banal voir ennuyeux de l’île puisque comme le ressent Kairi, l’enjeu n’est plus sur cette île du Destin, depuis bien longtemps, et se joue ailleurs. D’ailleurs, le plan de dos de Kairi nous montrant une boule bleu immense à l’horizon le montre : quelque chose de latent est déjà là ! (et notamment l’histoire de Roxas, rappelant la forme de ce cocon où Naminé opère!) Un petite lumière tombe devant elle rappelant son cœur que Sora a libéré tout juste quelques plans avant. Leurs nombres assez conséquent montre la concentration nécessaire pour reconstruite cette illusion qu’ils les berçaient tous ensemble bien avant que ce monde ne soit connecté.
On voit un plan où Sora s’éloigne de nous, toujours tiré de KINGDOM HEARTS I, bien qu’il aurait voulu rester aux côtés de Kairi, mais la lumière qui nous a tant éclairé nous aveugle à présent. Et pour exprimer l’idée du Temps, il réalise un panoramique bas haut, montrant la succession de la nuit au jour ainsi que du déplacement de Kairi dans ce cadre, passant du tiers droit au tiers gauche, et évoluant physiquement. On la retrouvera dès lors, avec un plan taille de son profil gauche, toujours le regard axé à l’horizon, avec l’idée de l’aveuglement que montre la surbrillance de la fermeture éclair.

Les plans de Naminé et de Kairi ont souvent quelque chose en commun…
On entend à nouveau les paroles « Music will tie » tandis qu’à l’image est montré le visage de Kairi prononçant ces mots faisant apparaître furtivement le visage de Naminé répondant symétriquement à l’appel de Kairi : Le lien Naminé et Kairi est déjà mis en place !
S’ensuit un travelling rapide gauche droite métamorphosant le paysage avec le passage dans le champ d’une boule nous évoquant celle des voyantes, donnant déjà l’idée de Naminé d’une magicienne voir d’une sorcière bien qu’à l’instar elle soit dans un monde totalement blanc. Elle s’oppose à Kairi aussi par la présence de mur, nous évoquant ainsi Chain of Memories puisque nous la voyons pour la première fois « dans une prison dorée ».

Voici un plan « Cinéma » !
On peut constater qu’elle dessine sur un bloc. (Au moins, elle a trouvé un passe-temps) On se rapproche d’elle pour regarder ce qu’elle ébauche et nous constatons qu’il y a des lors une image fixe représentant un escalier en spiral. C’est alors que nous avons la sensation que la caméra va plonger dans ce bloc, bien que cela soit impossible physiquement. C’est une astuce pour nous montrer le cinéma puisque je tiens à vous rappeler que le cinéma est constitué de 24 images fixes par seconde et que notre œil et notre cerveau vont faire la synthèse entre deux images pour créer l’illusion du mouvement. (C’est ce qu’on appelle la persistance rétinienne). Il n’est pas étonnant de trouver un escalier en spiral sur ce bloc note, puisqu’il évoque l’infini, et le cinéma est la répétition « à l’infini » d’images pourtant fixe.
La présence de l’escalier en forme de spiral dénote un côté fataliste à la situation puisque dans Chain of Memories, Sora va perdre la Mémoire pour pouvoir monter chaque étage du Manoir Oblivion et retrouver une soi-disante amie perdue depuis longtemps.
Pendant le combat contre les Sans Cœurs, une brume apparaît, montrant deux ombres (qui, comme vous les avez reconnus sont Riku et Ansem le Sage) et montre une fois de plus la dualité de l’histoire de Chain of Memories. D’autre part, Sora devait rechercher Riku, et c’est la première impression qu’il avait ressenti en entrant dans ce manoir, d’où cette échappatoire en arrière plan de ces deux personnages.
Le sentiment de malaise se fait aussi ressentir par le son puisque le coup successif et répétitif donne une vie organique au bâtiment puisque dès leurs entrées dans le Manoir, Naminé aura agît. Observez donc le double sens des paroles « My heart is a battleground ». Sentiment de Malaise retransmit par les paroles incompréhensibles et l’histoire de Chain of Memories qui est une des plus complexes comme la Mémoire en est le maître mot (ou maux), et aussi des mouvements de nouveaux intenses voir « en série » donnant toujours ce caractère illusoire que nous avons appris précédemment.
C’est alors que Sora se retrouve face-à-face avec Marluxia qui est le boss de fin de Chain of Memories, auquel nous assistons au combat mais aussi au combat que mènera Riku contre Ansem qui se trouve dans les sous-sols de ce même manoir. Vous pouvez donc admirer une séquence magnifiquement monté puisqu’il s’agît essentiellement du montage alterné (c'est-à-dire l’opposant et l’opposé) mélangé à du montage en parallèle [invention de David Wark Griffith, le papa du Cinéma] (c'est-à-dire le combat entre Sora et Marluxia et le combat entre Riku et Ansem) avec des raccords dans le mouvement (le mouvement commence dans un plan et se termine dans l’autre). Cela démontre assez habilement la définition de la Mémoire puisque pour que le Souvenir puisse subsister dans notre Mémoire présente, il faut le répéter à nouveau ce souvenir, d’où l’acte trompeur de se souvenir.
Un mouvement de travelling circulaire droite gauche accompagne l’ascension de Sora vers haut de cet escalier en spiral, sans fin, tandis que Utada chante « You show me how to see » Un Plan Rapproché montre le pied de Riku pour finir dans un fondu enchaîné où un travelling vertical de bas en haut décadré va nous montré chronologiquement Sora avec Dingo et Donald, puis à l’étage supérieur, Riku, puis de nouveau nos trois compères toujours dans leurs mouvements de course effréné, pour qu’au même moment, dans le sens inverse apparaisse Riku suivi de Mickey en robe de bure, descendant « à l’envers ». On peut entendre alors les paroles « That nothing is whole “

Rien que le mouvement de la spirale ascendante, je vous permets de penser au mouvement baroque qui reprend la philosophie Platonicienne de rechercher l’ « Idée » avec un grand I et de ne pas succomber aux illusions. Cela va en opposition avec Riku, qui a une philosophie rapprochée à celle d’Aristote. On peut aussi faire le rapprochement avec la Divine Comédie de Dante, puisque dans ce générique l’histoire de Sora consiste à parcourir des mondes, et puis le Manoir Oblivion est plus l’Enfer qu’autre chose, des choses disparaissent pour en faire apparaître d’autres…
Arrivée en haut, par l’intermédiaire d’un fondu enchainé dévoilant la Salle Blanche où se trouve Naminé, elle dirige son regard sur la porte et en contrechamp, Sora entre dans la pièce. De manière ironique, la chanson nous dit « Nothing is broken ». Un raccord en filage sur le bloc de Naminé nous présente Sora dans un cocon aux allures de fleur de lotus, qui va immédiatement apparaître. La Découverte de cette mystérieuse jeune fille pour Sora se résume à ce mouvement circulaire gauche-droite : un mouvement mental qu’est le panoramique. Cette pièce aseptisé de part en part, donne un sentiment de malaise là aussi, comme si nous étions rongé de l’intérieur. Le Manoir Oblivion qui est un lieu mental va faire le lien ici aussi avec Naminé qui est donc une représentation mentale de quelqu’un. Après tout, le texte nous dit bien « In You and I, There’s a new land »

Naminé prononce sur le même rythme que la musique « Angels in flight ».

Vous aurez remarqué que ces deux plans se rejoignent
Gros plan de Sora sur le tiers gauche, tombant en arrière et donc dans le sommeil. Raccord dans le mouvement avec son profil gauche suivi d’un double fondu enchainé insistant sur sa chute. Retenez bien ces images !!! Le fait de rappeler comme un leitmotiv « My Sanctuary ! My Sanctuary ! » cherche à invoquer des souvenirs à notre insu.

Apparition de Sora dans le fond de l’écran fonçant à gauche du cadre, positionné horizontalement pour évoquer le repos, tandis que le décor blanc se reconstruit pour montrer l’île du Destin, au milieu de cet étendu d’eau.
On montre physiquement ce que Naminé fait mentalement, c'est-à-dire la reconstruction des souvenir de Sora puisque à partir de feuilles blanches tout comme cet écran blanc, elle reforme des souvenirs objectifs, tel les lumières et les ombres que l’on déploie derrière la lentille d’un objectif du projecteur. Le fait de le ramener sur l’île du Destin insiste sur l’idée du retour, donc de la Destinée, mais aussi de remettre les choses en place, et à sa place.
Plan Taille du profil gauche de Naminé tenant dans ses deux mains le carnet : Elle a donc fini son œuvre. L’œuvre en question est un dessin à la pastel où Sora dort, tandis qu’elle referme son carnet à dessins. Le fait de prendre Naminé de ce profil, permet déjà de dire qu’il n’y aura pas de lien physique direct avec Sora, puisqu’elle est éloignée de lui. Le fait de fermer ce carnet donne le sentiment de « tourner la page », et d’accepter la condition qu’elle incarne.
Dans un mouvement de travelling droite-gauche, un gros plan montre la main de Sora dans celle de Kairi, tous deux allongés sur la plage de leur petite île. On prêtera notre attention sur le gant de Sora qui possède la forme du cercle. Mouvement Haut Bas montrant nos trois amis allongés ensemble, Sora au milieu, Riku à sa droite et Kairi à sa gauche tandis que le soleil lui aussi se couche. C’est l’illusion la plus complète et la plus notoire puisque nous ne verrons jamais cela sur l’île du Destin.
Plan de profil voir symétrique sur nos trois personnages, et on se rendra compte de la présence d’un pont derrière eux. C’est alors que la caméra s’enfonce littéralement dans le sol, comme s’il se dérobait sous nos pieds, et une personne se distingue de cette écume : Roxas.
La symétrie que le second plan montre, démontre parfaitement cette oppression et cette impression relevant de l’ordre du sentiment et du bien être. C’est un peu comme l’anesthésie, le sujet doit être bien pour que l’on puisse opérer. Or, la musique nous contreditdit « What’s left of me, What’s left of me ». Contre toute attente, une erreur inattendue se produit maintenant (now) : Roxas

Un plan quasi symétrique…
Un plan taille nous révèle le visage de Roxas. Deux fondus enchaînés montrant la chute de Roxas dans ces Ténèbres bien que la lumière soit en arrière-plan, éclairant d’un bleu électrique. Vous pouvez remarquer que la composition de ces deux plans est identique à ceux où Sora « plonge » lui aussi dans ce sommeil réparateur. En comparant ces deux plans, notre inconscient assimile déjà un lien « visuel » entre Sora et Roxas.

La Composition est quasi-identique, tant par le montage que l’image…
Des fondus enchaînés nous présente Roxas se relevant et se réveillant. Nous avons même un gros plan de la chaussure de Roxas comme lors de la séquence où Sora fonce sur Riku sur la plage armé de sa Keyblade. On a donc une prise de conscience des rêves, c’est un peu l’objet de ces 7 jours marquant le début de Kingdom Hearts. C’est un peu une réciproque tronquée : « Si la réalité est fausse, il faut croire au faux : C’est le rêve »
Quand Roxas touche le fond, on un raccord avec un plan poitrine de Roxas montrant son désarroi, faisant référence au premier Kingdom Hearts puisque dans le premier opus, c’est le rêve étrange de Sora qui est l’élément déclencheur de toute l’histoire. Nous retrouvons une fois de plus cette obscure sensation de déjà-vu. L’utilisation excessive des fondus enchainés marque le caractère onirique du lieu. La plupart des plans sont en contre-plongée, dont un est décadré, mais c’est seulement à la toute fin que nous aurons trois plans en plongé de manière bien accentué sur l’action de marcher sur ce sol révélant une rosace de vitraux montrant Sora et tout ce qui le lui lie.

C’est un petit pas pour l’homme…
Le dernier plan se finit dans un panoramique bas-haut où des colombes s’enfuient dans le noir, évoquant la fuite des souvenirs par métaphore avec la plume, et créant par la même occasion un fondu au noir. Tout est prêt « inconsciemment ».
Puis le Jeu commence réellement sur un lieu à mi-chemin entre le Monde de la Lumière et le monde des Ténèbres où, si vous avez bien suivi mon raisonnement, le Jeu va se terminer.

Le Décor d’Ouverture du Jeu, qui en sera aussi la Clôture…
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